Nesploy est une paroisse des confins Nord de la forêt royale d'Orléans. En 1790, la majorité de la surface communale était encore constituée par des parcelles de forêt, propriété du duc d'Orléans.

Au XIème siècle, Nesploy dépend alors de Nibelle, fief de la lignée des Courtenay qui confient Nesploy à leur branche cadette de Montliard.

En 1344, Nesploy fait partie du duché d’Orléans donné par Philippe-le-Bel en apanage à son fils cadet. En 1524, il fait retour au domaine royal, au décès de la reine Claude, fille de Louis II et première épouse de François 1er.

En 1529, René de GUELFF, écuyer et gentilhomme de la Chambre du roi, reçut de François 1er, pour ses bons et loyaux services “la terre de Nesles dite de Nesploy, en la châtellerie de Boiscommun au duché d’Orléans”. Des actes confirment sa seigneurie sur Nesploy, et qualifient René de GUELFF de “capitaine allemand” et de “capitaine de mille hommes de pied”.

En 1537, il obtint l’autorisation de chercher, d’ouvrir et d’exploiter dans le royaume et autres pays appartenant au roi les mines d’or, d’argent et autres métaux pendant trois ans. Né en Lorraine, René de Guelff avait été bailli (1520-1523) puis capitaine (1524) d’Hattoncâtel (Meuse), aujourd’hui commune de Vigneulles-les-Hattonchâtel. Son père, André, châtelain de Mousson était d’origine allemande.

Selon l’abbé PATRON, l’église de Nesploy possède 16 anciens titres de propriété, entre autres au titre de rente de 20 Francs sur l’Hôtel-Dieu de Paris, fondé le 8 avril 1661 par Madame d’HEMERY, pour l’entretien de la lampe de l’autel.

Nesploy pendant tout le moyen-âge était territoire royal.

La paroisse de Nesploy a longtemps dépendu du diocèse de Sens qui était siège d’un Archevêché.

La seigneurie de Nesploy était l’une des dix seigneuries très anciennes de l’Orléanais ; à l’origine comprenant une partie de Quiers, le fief fut divisé en deux au XIIème siècle ; la partie proche du Nesploy actuel se centra autour du château de Beaugué. Les seigneurs “de Beaugué” furent d’abord la famille MARCEL, puis par mariage, les CARRIER.

 

Etymologie

Nepleyum, Nespleyum (circa 1350) : langue d’oïl “nesple””nèfle” + suffixe collectif -oi (bas-latin – etum) : “ensemble de néfliers”

N.B. : La prononciation locale, début XXème siècle, est encore souvent [nè-plè]

Héraltique

De gueules aux deux chevrons, le premier d’or, le second d’argent, accompagnés de deux quintefeuilles du même en chef et d’une fleur de lys aussi d’or en pointe.

Patrimoine bâti

Eglise Saint-Phalier : Le bâtiment actuel fut restauré entre 1870 et 1874, puis en 1990. Il y eut une église à l’époque romane dont nous avons conservé le dernier segment du mur Sud, et peut-être la façade Ouest. Ce devait être un rectangle, de la taille de la nef actuelle, terminé par une abside en cul-de-four. L’église démolie pendant les guerres de religion devait être celle-ci. Elle fut reconstruite à la fin du XVIème siècle, en y ajoutant un bas-côté au Nord. L’abside a été refaite au XIXème siècle.

Les châteaux : Nesploy est situé entre les communes de Bellegarde (château du duc d’Antin), de Montliard (château des Marais) et de Nibelle (château du Hallier). Malgré l’absence de relief, le village a comporté plusieurs châteaux bien attestés :

Le château de la Garenne, du XIIIème siècle, au centre du village (il en reste quelques pierres dans le cellier de la ferme de la Garenne, implantée au bourg en face de l’église. Ce château fut confisqué à Jean de Nesploy par Philippe le Bel au début du XIVème siècle. Il fut détruit en 1789.

Le château du Buisson vers 1870, (dont on voit encore les fossés), situé dans le bois des Boudeaux, C’était un rendez-vous de chasse des rois et cinq y seraient passés : Louis VII, Philippe III Le Hardi, Philippe le Bel dont la chancellerie datera de Nesploy un acte royal en 1314, Philippe VI de Valois et Louis XI.

Le château de Beaugué (dont il restait le rez de chaussée en 1870), situé à 2,5 km du village, près de la rivière. Il a été construit en remplacement de la motte médiévale et était entouré de douves. Il fut habité entre autres vers 1703 par Philippe Carrier, écuyer, sieur d’Angennes et de Nesploy, puis par des de Vievre.

 

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